Joseph Antoine Bell : « Ce n’est ni le CHAN, ni la CAN qui m’inquiète, mais c’est l’après » ! - CamerounSports
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Joseph Antoine Bell : « Ce n’est ni le CHAN, ni la CAN qui m’inquiète, mais c’est l’après » !

Pour Joseph Antoine Bell, si la CAF a jugé le Cameroun capable d’organiser la CAN 2021 à la suite d’une visite de trois jours, ce n’est pas à la presse d’essayer de prouver le contraire.

Dans un entretien à cœur ouvert accordé à nos confrères de Press-Sport, l’ancien gardien de but des lions indomptables s’est exprimé  sur le CHAN 2020 et sur la CAN 2021. Selon le verdict rendu par l’instance dirigée par Ahmad Ahmad à la suite d’une récente visite au Cameroun, la prochaine messe du football africain se tiendra au pays des lions indomptables du 9 janvier au 6 février 2021. Joseph Antoine Bell invite donc les camerounais à accueillir la nouvelle avec optimisme plutôt que de demeurer dans le scepticisme.

Voici l’intégralité de l’interview :


Selon vous, la CAN 2021 aura-t-elle lieu au Cameroun ?

Je suis très surpris de la réaction de certains camerounais. La CAF est très exigeante. Or, quand elle dit qu’elle est satisfaite, je ne me serais pas attendu à entendre des camerounais ne pas être satisfaits. C’est un petit peu surprenant. Les camerounais, je ne sais pas d’où ils tiennent cette habitude, ils aiment l’auto flagellation et l’auto dénigrement. Moi je suis le premier à critiquer, mais quand il y a quelque chose à dire il faut critiquer dans le sens où les choses peuvent être améliorées. Il ne faut pas critiquer comme s’il y avait un plaisir à critiquer. Précisément, je pense qu’il n’y a pas de plaisir à critiquer mal son pays. Lorsque vous vous retrouvez dans la situation dans laquelle se trouve le Cameroun est ou va être le Cameroun, vous ne devez pas en rajouter. Donc lorsque le président de la CAF dit que le Cameroun lui a donné plus qu’il n’en attendait, les camerounais auraient dû le dire encore deux fois plus. Vous ne le réalisez pas mais les infrastructures camerounaises sont largement surdimensionnées par rapport au CHAN, à la CAN, à l’Afrique, et au Cameroun lui-même. Lorsque vous avez un projet de gagner un match, c’est bien, c’est naturel et lorsque vous le gagnez ce match, vous sautez quand même de joie. Donc je ne comprends pas comment lorsque les camerounais réussissent à réaliser ce que l’on voit au Cameroun en ce moment, au lieu de sauter de joie, c’est eux qui disent qu’il manque ceci. On n’est pas sûr comme si la CAF était là pour faire des cadeaux au Cameroun.

Pourquoi les Camerounais sont-ils pessimistes alors?

On est à trois mois du CHAN et précisément ceux qui traînent le pas, ceux qui tirent le short à leurs joueurs qui vont jouer, ce sont les journalistes camerounais. C’est à dire au lieu d’annoncer la fête, vous vendez du pessimisme. Sachez que la tristesse existe et elle est toujours à la fin. Voilà pourquoi on est tenus de tout faire pour le bonheur, pour être gai et heureux pendant toute sa vie parce que le jour du départ, on est forcément triste. Donc je ne comprends pas pourquoi vous vendez de la tristesse aux gens alors qu’il faut leur vendre la gaieté, la joie. Donc les stades sont là, on se plaignait qu’on en avait pas, on en a maintenant pour les compétitions et ils vont accueillir dignement les gens.

La presse a aussi fait des critiques constructives n’est-ce pas ?

Ce que je veux dire aujourd’hui c’est que la presse devrait se mettre derrière les experts. La presse juge entre deux visites sauf quand la CAF vient, ce n’est plus à la presse de dire on n’est pas prêt. C’est écouter la CAF. Si la CAF dit qu’on est prêts, alors on est prêts. Je ne vois pas ce que vous diriez à un Nigérien, un Marocain ou à un Algérien, c’est la CAF qui juge. Elle l’a dit nous sommes contents, alors dites aux autres fermez vos bouches, n’écoutez pas les oiseaux de mauvaises augures.

En 2018, le président de la CAF avait joué un sale tour au Cameroun. La réaction des camerounais n’est-elle pas due à ça ?

Quand le président de la CAF a dit que le Cameroun n’était pas prêt à organiser une CAN à quatre, tout le monde l’a cru et tout le monde s’est tourné vers les dirigeants camerounais pour dire voilà ce qui est dit. Le jour où il arrive et dit je suis satisfait, pourquoi ne pas le reprendre aussi dans les mêmes termes que lorsqu’il avait dit que le Cameroun ne pouvait pas organiser même à quatre ? C’est ça l’honnêteté, jugez avec la même mesure. Et si je pouvais dire quelque chose pour m’associer aux pessimistes, je dirais plutôt que ce n’est ni le CHAN, ni la CAN qui m’inquiète, mais c’est l’après.

En 2019 en Égypte, on a joué dans des stades vides. Peut-on craindre ce phénomène en 2021 ?

Pour dire la vérité, pour être assis dans les stades que nous avons au Cameroun, ailleurs on paye 400 euros, ici on va demander modestement de payer 500 FCFA ou 1000 FCFA. Donc avec ce qu’on va offrir au public, vous devez leur dire déjà qu’il faut savoir accueillir les gens, que nous allons accueillir 15 autres pays pour le CHAN. Notre fierté c’est simplement venir au stade, accueillir les autres. L’équipe du Cameroun ne pourra pas jouer dans tous les stades, dans toutes les villes. Donc dans ces villes-là, il faudrait que les gens aillent au stade pour voir les matchs qui s’y joueront. Voilà ce qu’ils peuvent faire pour leur pays pour se montrer dignes des infrastructures qu’on aura construites dans leur ville.

 

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